Alerte pharmacovigilance - Désogestrel et méningiome

25/09/2026

RA
Reflex’Actu
Pharmacovigilance
Contraception

Désogestrel et méningiome : que dire à vos patientes au comptoir ?

Informer, prévenir et orienter sans interrompre la contraception sans avis médical

L’essentiel à retenir
  • Un très faible risque de méningiome a été identifié chez les utilisatrices de contraception à base de désogestrel seul 75 µg.
  • Le risque estimé correspond à environ 1 cas supplémentaire pour 67 000 utilisatrices.
  • Le risque semble plus important chez les femmes de plus de 45 ans ou exposées pendant plus de 5 ans.
  • Recevoir une information sur ce risque ne signifie pas qu’un méningiome est présent ou suspecté.

Que faire devant une patiente concernée ?

✅ 1. Informer sans inquiéter

Expliquer que le risque identifié est très faible, mais qu’il justifie une réévaluation régulière de la contraception avec le professionnel qui assure son suivi.

🧾 2. Ne pas conseiller d’arrêt brutal

La patiente ne doit pas arrêter seule sa contraception. Un arrêt non anticipé expose à un risque de grossesse non désirée.

👩‍⚕️ 3. Orienter vers le médecin ou la sage-femme

Conseiller à la patiente d’en parler avec son médecin ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation, afin de vérifier que sa contraception reste adaptée à son âge, à ses antécédents et à la durée du traitement.

Quand renforcer la vigilance ?

  • Patiente âgée de plus de 45 ans.
  • Utilisation du désogestrel depuis plus de 5 ans.
  • Antécédent d’exposition à un progestatif déjà associé à un risque de méningiome, notamment cyprotérone, nomégestrol ou chlormadinone.
  • Antécédent personnel de méningiome ou contexte neurologique particulier.

Symptômes à ne pas banaliser

Orienter rapidement vers un professionnel de santé en cas d’apparition de symptômes neurologiques inhabituels tels que :

  • maux de tête inhabituels ou persistants ;
  • troubles de la vision, de l’audition ou du langage ;
  • troubles de la mémoire ;
  • vertiges ou nausées inexpliquées ;
  • convulsions ;
  • perte de l’odorat ;
  • faiblesse ou paralysie d’un membre.

Le rôle de l’équipe officinale

  • Repérer les patientes recevant régulièrement du désogestrel.
  • Répondre aux questions suscitées par les courriers d’information ou les médias.
  • Rassurer sur le fait que le risque reste très faible.
  • Rappeler de ne pas interrompre la contraception sans avis médical.
  • Encourager une réévaluation régulière avec le médecin ou la sage-femme.
  • Être attentif aux antécédents de progestatifs à risque et aux symptômes neurologiques évocateurs.
📌 Message clé à retenir

Au comptoir, le bon message est simple : ne pas arrêter seule sa contraception, rester attentive à d’éventuels symptômes inhabituels et profiter d’une prochaine consultation avec son médecin ou sa sage-femme pour réévaluer la contraception. Le rôle de l’officine est avant tout d’informer, de prévenir et d’orienter.

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