Désogestrel et méningiome : que dire à vos patientes au comptoir ?
Informer, prévenir et orienter sans interrompre la contraception sans avis médical
- Un très faible risque de méningiome a été identifié chez les utilisatrices de contraception à base de désogestrel seul 75 µg.
- Le risque estimé correspond à environ 1 cas supplémentaire pour 67 000 utilisatrices.
- Le risque semble plus important chez les femmes de plus de 45 ans ou exposées pendant plus de 5 ans.
- Recevoir une information sur ce risque ne signifie pas qu’un méningiome est présent ou suspecté.
Que faire devant une patiente concernée ?
Expliquer que le risque identifié est très faible, mais qu’il justifie une réévaluation régulière de la contraception avec le professionnel qui assure son suivi.
La patiente ne doit pas arrêter seule sa contraception. Un arrêt non anticipé expose à un risque de grossesse non désirée.
Conseiller à la patiente d’en parler avec son médecin ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation, afin de vérifier que sa contraception reste adaptée à son âge, à ses antécédents et à la durée du traitement.
Quand renforcer la vigilance ?
- Patiente âgée de plus de 45 ans.
- Utilisation du désogestrel depuis plus de 5 ans.
- Antécédent d’exposition à un progestatif déjà associé à un risque de méningiome, notamment cyprotérone, nomégestrol ou chlormadinone.
- Antécédent personnel de méningiome ou contexte neurologique particulier.
Symptômes à ne pas banaliser
Orienter rapidement vers un professionnel de santé en cas d’apparition de symptômes neurologiques inhabituels tels que :
- maux de tête inhabituels ou persistants ;
- troubles de la vision, de l’audition ou du langage ;
- troubles de la mémoire ;
- vertiges ou nausées inexpliquées ;
- convulsions ;
- perte de l’odorat ;
- faiblesse ou paralysie d’un membre.
Le rôle de l’équipe officinale
- Repérer les patientes recevant régulièrement du désogestrel.
- Répondre aux questions suscitées par les courriers d’information ou les médias.
- Rassurer sur le fait que le risque reste très faible.
- Rappeler de ne pas interrompre la contraception sans avis médical.
- Encourager une réévaluation régulière avec le médecin ou la sage-femme.
- Être attentif aux antécédents de progestatifs à risque et aux symptômes neurologiques évocateurs.
Au comptoir, le bon message est simple : ne pas arrêter seule sa contraception, rester attentive à d’éventuels symptômes inhabituels et profiter d’une prochaine consultation avec son médecin ou sa sage-femme pour réévaluer la contraception. Le rôle de l’officine est avant tout d’informer, de prévenir et d’orienter.

